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Notre apparence n’est pas une donnée superficielle. Elle nous constitue profondément !

Par Bénédicte Maes le 03/05/2014

Mon activité professionnelle s'articule autour de la question de ce qui est "beau", puisque le but de mon travail est de vous ré-apprendre à vous trouver beau......

Or, la beauté dont je parle n'est pas celle des revues et magazines, des publicités, ni même celle qui est partagée par la majorité d'entre nous.

Mon but n'est pas de vous transformer pour que vous soyez plus à la mode ou pour que vous ressembliez à des gens considérés par la majorité comme beaux. Si c'était mon but, je ferais du relooking. Et justement, je me suis d'office démarquée du relooking sur cette question de la beauté.

La question de ce qu'est "le beau" comme concept, je ne veux pas en débattre parce qu'elle me dépasse et qu'elle est excessivement compliquée. Mais par contre je peux vous expliquer comment je perçois, moi, le beau, pour que vous sachiez comment je travaille.

Nous avons dans notre vie culturelle un entendement automatique pour dire ce qui est beau et ce qui ne l'est pas. Je veux dire que les gens sont en général d'accord entre eux sur ce point.

Ce consensus est un effet de mode qui est nourrit par les médias via les publicités et plus largement par toutes les images qui circulent, mais ensuite, et surtout, ce consensus est accrédité par nous tous quand nous donnons notre approbation à dire que telle ou telle personne est belle ou pas et que nous faisons entendre notre avis, aux enfants, par exemple.

Ce consensus est aussi issu de notre histoire culturelle qui a admis comme étalon de la beauté la forme dite "parfaite".

La forme parfaite c'est quoi?

Elle est représentée généralement par des corps jeunes et sveltes, au visage ovale (on parle d'ailleurs d' "ovale parfait") et dont la morphologie est exempte de traits irréguliers ou disproportionnés. Il ne faut donc pas de disproportions (trop grand, trop petit, trop gros, trop maigre), à la fois pour l'ensemble du corps mais aussi pour les parties (trop grandes oreilles, trop grand nez, front proéminent, petits yeux, petit menton, etc). On dira sinon que les traits et la morphologie sont "disharmonieux".

C'est comme cela que travaille le relooking, qui, en fonction des disproportions ou de la disharmonie de vos traits, vous conseillera des trucs pour vous rendre plus conforme à cette idée de la perfection.

Cette façon de penser nous conditionne tous, d'abord selon ce dont "la nature" nous a doté à la naissance et ensuite selon les changements de notre corps dans sa croissance et les avatars de ses métamorphoses, à nous situer entre nous et pour nous-mêmes, sur une ligne de mesure tracée entre ce qui est estimé "très beau" (c'est-à-dire qui relève de la forme "parfaite") et ce qui estimé comme étant "laid", en général on dit carrément "moche", de l'autre côté.

Un ou une telle sera donc plus ou moins "beau" ou plus ou moins "moche", de naissance, et aura pu se voir, son corps grandissant et se modifiant, glisser dans un sens ou l'autre sur cette ligne de mesure et d'estimation de beauté.

Mais ce n'est pas tout. Il y a bien sûr un accord sous-jacent qui passe inaperçu tellement il paraît évident à tous, de considérer aussi que la dite "beauté" est "un plus" et la dite "absence de beauté" est une tare à assumer. On survalorise la dite "beauté" et on dévalorise franchement la dite "laideur".

Parce que je ne vois pas le monde avec ces yeux-là, je trouve cette façon de voir monstrueuse dans son absurdité, disqualifiante sans raison et de façon injuste. La plupart trouvent que c'est en fait "la nature" qui est plus ou moins injuste en fonction de ce qu'elle nous donné comme package de traits plus ou moins beaux. Là-dessus non plus je ne suis pas d'accord.

Il faut déjà savoir que le monde entier ne partage pas cette façon de voir. C'est une façon de voir typiquement culturelle que de juger de la beauté selon cet étalonnage de la forme "parfaite". François Jullien explique cela fort bien dans son livre : "Cette étrange idée du beau." Ed. Biblio Essais, LDP.

Moi je ne trouve pas les gens "beaux" de cette façon-là.

J'ai cette singulière faculté du fait que je suis artiste peintre sur modèle et que j'ai appris à regarder les corps avec un regard qui n'est pas normatif. Ou peut-être est-ce plutôt du fait de cette faculté que je suis devenue artiste peintre? Mais cela n'a pas ici d'importance.

Quand je peins ou dessine un corps, ce que j'aime peindre, c'est justement ce qui n'est pas dit "parfait", c'est l'originalité foncière que tout corps recèle en lui, sa marque de fabrique, ce qui fait qu'il n'est justement pas comme les autres.

Et aussi, quand j'ai le plaisir, en transport en commun, de pouvoir observer à volonté tous les corps des personnes qui m'entourent, je suis toujours fascinée par la diversité et les variances de morphologies et de visages. Je trouve au contraire la nature fantastique de nous avoir dotés de tant de possibilités de corps différentes.

Je suis triste que l'on puisse souffrir d'être différent et souhaiter ressembler au "même", toujours le même, cette figure parfaite qui ressemble à une poupée Barbie, indéfiniment dupliquée dans la même forme et le même moule, certes "parfaite".

Pour autant je ne trouverai pas une beauté dite "parfaite" laide. Je la trouverai belle au même titre qu'une autre, par sa variance, pour son originalité.

Je regarde encore le monde comme le regarde un enfant. Un tout jeune enfant, auquel on n'aura pas encore imposé d'idées de beauté, et auquel on propose un miroir, se trouvera toujours, non seulement beau, mais d'une beauté stupéfiante! Il sera ébloui et très heureux de se découvrir et de s'admirer! Et il ne regardera pas le monde autour de lui en l'étalonnant entre les beaux et les pas beaux. Tout lui semblera passionnant.

Je regarde donc les gens et le monde et aussi mes clients avec ce regard-là.

Certains ont pu me dire que je trouve tout beau et que ce n'est pas juste.

Moi je pense que ce qui n'est pas juste c'est de juger en fonction de critères de mode, fussent-ils inconscients.

Il est aussi faux de dire que je trouve tout beau.

De nombreuses personnes qui viennent me voir ne se trouvent pas belles. Du fait qu'elles ne se trouvent pas belles, elles ne prennent plus soin de leur corps, le délaissent, s'en occupent mal et je dirais le laissent vivre en jachère.

Bien sûr je vois la beauté qu'il y a en cette personne, mais je vois aussi le mal qu'elle fait à son corps, le manque d'amour qui s'inscrit sur tout son aspect extérieur du fait de cette sorte de maltraitance. Je vois donc aussi son corps tel qu'il pourrait s'exprimer s'il était aimé, respecté, soigné, en bonne santé et dorloté dans son aspect extérieur aussi.

Ce que je cherche avec et pour mon client, c'est d'abord qu'il accepte de se regarder avec un regard moins censeur, moins condamnant, plus aimant. Qu'il apprenne aussi à réinvestir son corps et mieux le connaître. La plupart connaissent mieux les objets qu'ils utilisent que leur corps. Et ensuite de se poser la question de comment il construit son image chaque jour, par ses habitudes, qui sont généralement beaucoup de mauvaises habitudes, puis de chercher avec lui comment il aimerait "paraître", quelle image il voudrait donner de lui-même, et comment y arriver!

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