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Pourquoi Cristina Cordula dit-elle sur "c'est très violent le relooking"?

Par Bénédicte Maes le 22/09/2014

Nous avons ici une interview de la « Reine du relooking », qui a bien mérité son titre, Cristina Cordula, par David Pujadas, dans laquelle je suis heureuse d'entendre Cristina Cordula expliquer que «le relooking c'est très violent». (Vidéo

Plusieurs personnes sont venues me consulter après des relooking dont elles sont sorties blessées parce que le relookeur a voulu les convaincre de cacher leurs défauts physiques que la mode n'admet pas. Pour certaines personnes ça a fait un fameux paquet qui a fait mal!

La démarche du relooking travaille sur l'extérieur.

Pourtant, j'aime le travail de Cristina Cordula. Je l'utilise souvent moi-même, je vais régulièrement voir ses vidéos pour chercher encore des trucs. C'est une vraie pro, un conseil d'experte en mode et en travail de relooking. Je peux dire qu'elle manie son art avec brio. J'ai étudié les techniques du relooking et il m'arrive souvent de transmettre à mes consultants les "trucs" adaptés à leur morphologie, si ils me le demandent.

La démarche du relooking part d'une analyse morphologique du corps, et Cristina en particulier tient aussi compte du style de base de la personne, ce que je trouve très chouette. Mais l'approche « humaine », pour reprendre le mot de David Pujadas reste en réalité secondaire, et c'est normal, ce n'est pas le but et ça prendrait beaucoup plus de temps!

Mais que veut dire Cristina quand elle dit que c'est violent?

Notre apparence, sur laquelle le relooking travaille, est une chose plus importante que souvent nous ne voulons le croire.

"Même changer un tout petit peu, c'est toujours un changement incroyable » dit Cristina.

C'est pour cela qu'on vient chercher ce conseil, parce qu'on souffre de son apparence, de ne ne pas s'aimer tel quel ou de ne pas savoir comment s'y prendre. Comme ce l'est dit dans l'interview, il y a de très fortes émotions : « tout le monde a très peur toujours au début », « il y a des larmes », « c'est une épreuve »!

Travailler sur l'apparence, Cristina l'a bien compris, « ça travaille sur l'intérieur ».

En effet, notre apparence est le reflet de notre intimité et de notre histoire. Pour de très nombreuses personnes, y toucher, c'est sensible ! Or, en tant que psychologue, je suis fort avertie du fait qu'il faut être prudent quand on « travaille sur l'intérieur ».

Nous vivons sous le dikat de la beauté parfaite, alias Barbie. 

Le travail de Cristina Cordula est un travail "extérieur", je pense qu'elle l'admettrait, même si il a des effets évidents sur l'intérieur. Elle part de l'aspect extérieur de la personne, pour lui donner des conseils d'habillement qui, en utilisant des effets d'optique, corrigent les "défauts" morphologiques. La mode demande de cacher ce qui s'éloigne des mensurations parfaites - ce que j'illustre en me référant à l'image de la poupée Barbie. On tente donc de rendre le corps plus "beau", suivant les critères de la mode, et en respectant le diktat d'une forme sensée représenter l'idéal de la beauté. Cristina est donc amenée à devoir convaincre le client que « ça ne lui va pas » selon ces critères-là! Nous sommes dans un système de valeur qui mesure et compare tout, dans lequel on classe la personne selon un standart entre ce qui est admis comme « beau » et ce qui ne l'est pas. Et pour rendre « beau », on doit donc "réajuster le tir" avec des vêtements qui cachent ce qui ne l'est pas et mettent en valeur ce qui l'est.

La question est : est-il si souhaitable que ça de vouloir ressembler à un mannequin de mode ?

Cela peut ressembler, en effet, à un miracle, à un conte de fée, dans lequel « on transforme une grenouille en princesse ». Mais cette opération amène-t-elle le bonheur à long terme? Est-il souhaitable de se voir transformer en mannequin de mode, au prix de cacher tout ce qui « ne convient pas»?

Je peux assurer, que psychologiquement, même si c'est inconscient, «la grenouille» n'en sortira pas moins «grenouille» sous son vêtement. Si la personne arrive à comprendre et à apprendre à utiliser les trucs qui la «mettent en valeur», cela signifie que tous les matins, elle devra réopérer le même tour de magie pour redevenir «une princesse» le jour.

Mais devant son miroir et dans sa vie privée elle n'oubliera jamais qu'elle n'est pas «la plus belle»!

C'est dans cet état que certaines personnes me sont arrivées, et il a fallu du travail pour restaurer une estime d'elles-mêmes d'autant plus écornée qu'elle l'aura été par des professionnels de la beauté.

Même les mannequins ne sont pas les plus belles.

Le plus ironique de cette situation c'est que les icônes de la mode qui sont sensées représenter ces mensurations parfaites, sont des fabrications de notre technologie, qui savent qu'elles ne sont pas aussi belles qu'il y paraît. Comme a pu le dire Cindy Crawford:

Même moi, quand je me lève le matin, je ne ressemble pas à Cindy Crawford. (Article du Vanity Fair)

A ce titre, notre époque est particulière. Il y a actuellement de nombreuses personnes qui souffrent de ne pas ressembler à des icônes. Certaines, à l'extrême, vont jusqu'à vouloir devenir identiques à Ken et Barbie.

Opsis propose une autre beauté, moins conforme. 

Avec Opsis je travaille aussi sur l'image et l'apparence, mais en tenant compte de «l'intérieur», c'est à dire de la personnalité, de l'histoire, du vécu. Le travail est plus long, plus introspectif, il demande de se dévoiler pour pouvoir se découvrir, afin d'apprendre ensuite à se montrer tel qu'on est, mais dans toute sa splendeur. Ce travail ressemble plus à une «naissance à soi». Mais ce qui est certainement le plus étonnant, c'est que les personnes en sortent vraiment embellies aussi, même si elles ne ressemblent pas à des mannequins ou à Barbie. Elles y gagnent une vraie aura, une aisance, une tranquillité, une assurance qui les rend belles. En fait, nous ne parlons pas ici des mêmes beautés, même si il s'agit aussi d'une beauté physique et visible. Dans le relooking la beauté est conforme aux canons. Avec Opsis, elle se puise en soi pour trouver à s’épanouir comme une fleur.